1996

Comme en scène - en compagnie de Claude Georgel

 

CD RLR 12.10

 

  1. Appel et promenade jusqu'au rivage (instrumental) écouter un extrait

  2. J'étais assis au rivage écouter un extrait

  3. Ils habitaient un square écouter un extrait

  4. Sépa-séparés écouter un extrait

  5. Doux doux doux écouter un extrait

  6. C'était un rude hiver écouter un extrait

  7. Voir le bonheur écouter un extrait

  8. Nuit d'asphalte écouter un extrait

  9. Clitou et Pinou écouter un extrait

  10. Ca m'est égal écouter un extrait

  11. Ni vainqueurs, ni vaincus écouter un extrait

  12. Les enfants battus écouter un extrait

  13. Le joueur de flûte écouter un extrait

  14. Poèmez écouter un extrait

  15. Quand les ciseaux aboient (Ode à Xylos) écouter un extrait

  16. Introtrotro

  17. Le Trotro écouter un extrait

  18. Trotro suite I (instrumental) écouter un extrait

  19. Trotro suite II (instrumental) écouter un extrait

  20. Les gosses du Ghāna écouter un extrait

  21. M'attend une fille au pays écouter un extrait

  22. Ignorance (un homme se tait) écouter un extrait

 

1. APPEL ET PROMENADE JUSQU'AU RIVAGE écouter un extrait

instrumental 1986
 
exercice périlleux :
jouer du sax ténor (Claude) tout en chantant –
jouer de la flûte (BH) itou, pour un quatuor à deux…
fredonner, siffler, siffler jusque dans des endroits non prévus à cet effet !
Vague-ment souffler l’un et l’autre dans son tube… promenade loin d’être de tout repos…




2. J'ÉTAIS ASSIS AU RIVAGE écouter un extrait

chant 1986
 
J’étais assis au rivage
Tranquille et ne pensant à rien,
Les deux jambes pendantes
Et le cœur au beau fixe,
Serein ;
Et mes yeux se plaisaient à regarder
Frémir, onduler, moutonner,
Au large, très au large, un infini d’idées…
Et toutes fort brillantes !
 
Au rivage j’étais assis…
De temps à autre,
Dans le ciel sans nuage,
Passait une question ;
Elle tournoyait un moment au-dessus de ma tête
Mais finissait toujours par se lasser
Et disparaître,
Dans un froissement d’ailes
Et quelques cris déçus…
Il faut dire qu’en cette saison
Les réponses étaient peu nombreuses !
 
J’étais assis au rivage,
Et des phrases venaient y battre,
S’ébrouer,
S’esquisser, s’esquiver, se défaire,
Dodeliner du chef en gloussant goulûment
Et se pâmer en me léchant les pieds…
… Et le vent,
Ou quelque douce bribe,
Me portait un léger clapotis
De mots entrechoqués,
Syllabes sibyllines…
 
Et ma langue sur mes lèvres
En reconnut le goût.
 
Mer et lame,
Larme amère,
Salive et sel
Issus de sexe et de ressacs,
Vague, assaut,
Rugissantes,
Crête écume en robe blanche,
Marée-mariée,
Vorace épousée
À tant de jetées enlacée,
Livrée à tous les rivages…
 
Terre, terre !
Terre ou sable,
Cailloux, galets, rocs,
Dune ou grève,
Bord, falaise,
Crique ronde,
Plages vides,
Ports avides,
Parvis où parviennent éparses les épaves,
Les noyés, les sirènes
Et les bouteilles à la mer…
 
… Avec leurs mots d’amour,
Désuets, dérisoires,
Comme les hommes en font
Quand ils ont soif de tout :
 
Est-ce vous le continent,
Le sol, enfin l’émergence,
Est-ce vous l’île têtue,
Phare, attache, permanence,
Ancre, havre, est-ce vous qui
Avez mis corde à nos cous ?
Est-ce vous, ou est-ce moi ?
 
Est-ce moi l’incontinent,
L’océan déraisonnable,
Déchaîné, insaisissable,
Est-ce moi fuyant volage,
Qui ai voulu qu’entre nous
Se signe un pacte très doux
Que l’on nomme rivage…
 
Et nous sommes au rivage…
 
Est-ce vous le continent
Qui plongez dessous mes eaux,
Serait-ce moi sous les vôtres ?
 
Vous ou moi,
Cette mer qui me submerge,
Et le ciel par-dessus tout,
Comme un drap tiré sur nous…
Et le plain-chant sur la berge…
 
Et cette peur d’abordage
Car les dés en sont jetés :
Oui, nous sommes en rivage !
 
Je suis là au bord de vous
Et vous, au bord de moi-même…
Et c’est le premier poème !
 
 
… enchaîné, logique !
Sax téno toujours, dans la houlée convient-il de dire ;
« mots-chant », apparition de guitare houspillée,
Claude aux vagues, aux mouettes et à la corne de brume…
 
Création à la Tanière (Paris) ainsi que l’instrumental précédent, en mai 1986.



3. ILS HABITAIENT UN SQUARE écouter un extrait

1987 et printemps 1988
 
Ils habitaient un square,
Un jardin,
Presqu’une île
Dans les bras de la ville,
 
Un rond-point d’amour doux,
Un ventre fou d’enfants et de jeux
            tout autour ;
 
Le cordeau du soleil y traçait
des allées
Sur lesquelles ils allaient
Intimes, nus et beaux ;
 
À l’anse des bosquets,
Aux vagues des pelouses
Ils se couchaient parfois ;
 
Ils habitaient un square,
Un jardin,
Presqu’une île,
Afin d’y prendre l’air
Et d’y être à l’abri…
 
Ils y vivaient heureux,
Très heureux,
Très-très heureux !
 
Et puis le temps passa,
Et Dieu les en chassa…
À moins que ce ne fût eux-mêmes
Et l’habitude,
Ou quelque mal de vivre…
 
 
12 verres à pied sous doigts mouillés…
chanter avec, plus un rossignol échappé
du CD « Le Réveil des Oiseaux »,
plage 1, chez SITELLE-CEBA, réf. 22207
(prise de son Pierre Huguet)



4. SEPA-SEPARES écouter un extrait

printemps 88
 
Sépa-séparés, sais pas séparer,
Pas prêt, pas paré, rien n’y préparait,
Sais pas réparer nos pas séparés ;
 
C’est fait, c’est défait, oh tout est défait,
De fêtes en défaites c’est l’état de fait,
À tout petits faits les comptes sont faits ;
 
Céder, pas céder, pas à pas céder,
S’aider à céder sont des bouts d’essai,
Procès, procédé d’amour décédé ;
 
Serrés, tant serrés, l’on s’est tant serré
Pour, le cœur serré, tant se desserrer
Et dents acérées s’entredéchirer ;
 
F.I.N.I - ni, haine, ennemi,
On nie l’infini défi qu’on se fit,
Honni est le nid où l’on se défie ;
 
Sépa-séparés, l’on s’est séparé,
C’est fait, c’est défait, les comptes sont faits,
F.I.N.I - ni, oh tout est fini…
 
… Ils habitaient un square,
Un jardin,
Presqu’une île
Dans les bras de la ville
 
 
… vient s’y mêler le soprano.
 
Création, ainsi que le titre précédent,
au théâtre du Tourtour en mai 1988.



5. DOUX, DOUX, DOUX écouter un extrait

printemps 1990
 
Doux, doux, doux
Doux et rond l’enfant
Rose ou brun
Noir ou blond
Jaune ou blanc
Doux et bon
 
Fruit lilas bouche mauve
Et goulue
Glutit le petit fauve
 
Pain mie
Pain d’orge
Pain levé
Pain tendre
Touchant
Tout chaud
Pain d’or
 
La mer est belle
Et s’y baignent les enfants
 
Doux, doux, doux
Doux et rond le sein
Rose ou brun
Noir ou blond
Jaune ou blanc
Doux et bon
 
L’intime tête-à-tête
Où, goulu,
Tête le petit être
 
Sein mie
Sein d’orge
Sein levé
Sein tendre
Touchant
Tout chaud
Sein d’or…
 
La mer est belle
Et s’y baignent les enfants
Et mousse l’écume de lait
De salive mêlée
Petits cris
Chuchotés
Suçotés
Soupirs mouillés
Sucrés salés
Dérivent
 
Et debout sur la jetée
L’homme les regarde
Et sourit
 
Doux, doux, doux…
 
 
une bande play-back (utilisée en scène),
enregistrée maison, pour l’essentiel
en soufflant dans des bouteilles
tout en utilisant un variateur de vitesse ;
insérer l’océan, l’eau coulant tant dans
le lavabo que dans la baignoire,
apprivoiser quelques oiseaux, sonner 2 doigts
de crotale – n’oubliez pas de saisir.
Faites revenir, aller du soprano et chanter
l’un et l’autre aux moments perdus.
 
Chanson créée le 30 mars 1990
au Pré-St-Gervais (93).

 


6. C'ETAIT UN RUDE HIVER écouter un extrait

hiver 1984-1985
 
C’était un rude hiver,
Beaucoup de gens mouraient.
La misère était enfin palpable, concrète
Et l’on assistait à des réconciliations,
Des réveils de conscience
Et des fraternités.
Ah ! Quel bonheur que ces mains tendues !
Et que de gueux choyés…
Elle jubilait, la charité,
 
Elle était entière occupée
À des travaux à sa mesure,
À des croisades sans équivoque
Comme on les aime à notre époque…
 
Et Dieu vit que cela était bon
(Quand j’dis « Dieu »,
Points d’suspension…)
Car cela ne durerait guère,
Le temps se ferait plus clément,
Tout reprendrait un cours normal,
La pauvreté serait suspecte
Et finie, la récréation.
 
assombrir, angoisser, roidir le climat
avec les vocalises de quelques jeunes loups,
(CD « Loups en liberté, plage 1,
toujours chez SITELLE-SEBA, réf. 11102)
(prise de son Jean C. Roché – Bill Gunn)
et dites ce que vous avez sur le cœur !...



7. VOIR LE BONHEUR écouter un extrait

hiver 1984-1985
 
dédié à ChG
 
« Je suis assis
je m’aperçois au bout de la route »
Michel BOUTET
in « Sans doute tu es l’aube »
éd. Le Loup de Gouttière (Québec) –
dist. le Dé Bleu (Vendée)
 
Peut-êtr’ qu’un jour ou son lend’main
Je s’rai quelqu’un qui s’ conduit bien
Un qui mang’ just’ quand il a faim
Que des chos’s bonn’s, des produits sains ;
 
Qui fait l’amour, couplets, refrain,
Proprement, sans déranger rien
En s’ décoiffant un peu les seins
Et en s’ serrant très fort les mains…
 
Aussitôt fait saut’ dans ton bain
Savonn’, n’oublie pas les p’tits coins
C’est qu’ la vie est un’ peau d’ chagrin
Et les sal’s trucs y font du ch’min ;
 
Sur le parquet mets des patins
Sur la rout’ gard’ le pied su’ l’ frein
Au virag’ fais gaffe au destin
Meurs pas tout d’ suite t’es qu’un gamin !
 
T’es qu’un gamin, t’es qu’un gamin,
Toujours un lacet qu’est défait,
Peut mieux fair’, devrait s’appliquer,
Mettre un peu d’ordre dans ses idées ;
 
Ne jamais remettre à demain,
Ne pas fair’ que c’ qui lui convient,
Travailler, pas faire son malin,
Sinon on va t’ casser les reins !
 
La peur c’est comme un’ vis sans fin,
L’espoir ça t’ rend con comme un chien,
L’envie ça pourrit c’ que tu tiens
Y a qu’ le désir qu’est magicien,
 
Ça se respir’, c’est un parfum,
Ça t’ rallume tout c’ qu’était éteint,
Ça t’ rend d’humeur à être hmain
Alors pourquoi tu l’ rat’s, ton train ?
 
J’ suis qu’un gamin, j’ suis qu’un gamin,
Le marchand de sable est cassé,
Y a plein d’ soupirs dans mes idées
Y a un trop-plein, y a plein d’ trop-pleins !
 
Ça mont’, ça mont’, faut m’ retenir,
Mon Dieu, mon Dieu, j’ me sens partir
Qui qui viendra me secourir,
Qui éteindra le feu sous l’ lait,
J’ai plus pied !
                         - Mais cessez d’ crier !
Faut pas s’ mettr’ dans d’ pareils états,
Il faut seul’ment baisser les bras…
 
- Baisser les bras, baisser les bras,
Replier ses ailes, oublier,
Laisser aller, ne plus bouger,
Plus bouger, plus bouger, voilà !
 
- Ah ! mais c’est bien, mais c’est bien ça,
Vous v’là dev’nu plus raisonnable…
Dit’s, vous en f’siez un d’ ces tapages,
On n’a pas idée à votre âge,
Un’ personn’ comm’ vous, si aimable…
Bon, allez, n’ vous inquiétez pas,
On va s’occuper d’ vous, maint’nant !
Voyons, vous n’êtes plus un enfant,
Tout ira bien, mais oui, mais oui,
Tout l’ monde est très gentil ici…
 
- Mais respirer, mais les parfums ?
Peut-êtr’ qu’un jour ou son lend’main,
Juré, sûr, un d’ ces quatr’ matins,
Je f’rai l’ mur et j’irai sans fin…
Voir le bonheur qu’est magicien,
Qui guérit tout, qu’est souverain,
Qui t’ouvr’ l’appétit comme un rien
Qui t’ rend heureux d’être un humain !
 
Y t’ fait sauter dans l’ premier train
Et le paysage est serein,
Tu baiss’s la vitr’, ça sent les foins,
Il fait beau et c’est le matin,
Des enfants jouent dans les jardins
Une femme t’aime et tu t’en souviens…
C’était hier ou son lend’main,
 
Chut… écoute… quelqu’un chante au loin…
C’est toi qui viens,
                                et te rejoins…
 
entrée de sax alto
et de guitare
avec de vrais accords.



8. NUIT D'ASPHALTE écouter un extrait

décembre 1983 et 1985
 
dédié à Patrick LE ROUX, chanteur.
 
Nuit d’asphalte et de bris de verre
Éternité froissée entière
Et stridences des tôles nues
Plaintes fêlées
Crissements secs
Chute éperdue
Dégueulis d’essence et de sang
Et le silence est mat et mou
Lacéré par les klaxons fous
Essaims serrés
Fulgurances
Hordes lourdes
Mouches avides
 
Une couverture est jetée
 
Que fait la vie ?
Que fait la mort ?
L’amour survivra-t-il encore ?
 
Brisé  Broyé  Déchiqueté
Prostré  Ci-gît
Mosaïque de chair à vif
 
Le souffle court
Tu cries « Au s’cours
Mes doigts sont gourds
J’ai un voile poisseux
D’vant les yeux
J’ai des aiguilles plantées partout
J’ai des vrilles, des marteaux, des râpes
J’ai des coliques et des cancers
Ça fait aussi mal que la guerre ! »
 
Le clown bravo !
T’es rigolo
Quand t’as bobo…
 
Band’ de salauds
Est-c’ que c’est beau,
Si quelqu’un s’est fait
Découper
De nous en montrer les morceaux
À la une de tous les journaux ?
(Fichu boulot)
Les p’tits morceaux
Éparpillés,
Histoire de nous émoustiller,
Morceaux choisis,
Vendus bon prix !
Hors du contexte,
C’ n’est qu’un prétexte,
C’est comme du sexe sans désir,
C’est comme manger jusqu’à vomir,
C’est comme s’rait la vie sans la mort…
 
Celle qui nous mord, encore, encore,
Depuis avant mêm’ qu’on soit p’tit ;
Celle qui fait partie du décor,
Qu’est tellement rentrée dans l’ décor
Qu’on n’ la voit plus,
Qu’on n’y pense plus,
C’est comme ça qu’elle nous tombe dessus,
Un beau matin, au coin d’ la rue !
 
Brisé  Broyé  Déchiqueté
Brûlé
Prostré  Ci-gît
Mosaïque de chair à vif
 
Entre la vie,
Entre la mort,
Est-c’ l’amour qui t’attache encore ?
 
Écartelé, rivé, tendu,
Aux douleurs aiguës crucifié
Sur l’autel cent fois sacrifié
Sur l’étal cent fois charcuté,
Cousu  Collé  Soudé  Plâtré
Et de bout en bout rapiécé
Patiemment reconstitué
Avec du fer et du plastique
Avec des rayons, des lasers
Des tuyaux, des poisons pervers
Harnais, prothèses, gymnastiques abominables
Et tortures thérapeutiques…
 
Le souffle court
Tu cries « Au s’cours
Mes doigts sont gourds
J’ai un voile poisseux
D’vant les yeux
J’ai des aiguilles plantées partout
J’ai des vrilles, des marteaux, des râpes
J’ai des coliques et des cancers
Ça fait aussi mal que la guerre ! »
 
Et puis ça dure
Des jours, des s’maines,
Des mois et même,
En voit-on l’ bout d’ ce tunnel ?
 
D’outre la vie,
D’outre la mort,
Est-ce que t’en sors ?
Irais-tu mieux ?
As-tu dit merci au bon dieu ?
L’amour a-t-il sa place encore,
Où va la vie,
Où va la mort
Quand on s’en sort ?
 
Et où va l’amour de la vie – e…
 
 
Cette chanson a été enregistrée le 23. 01. 87,
lors d’une séance de travail
au Studio MÉTRONOME / Pierre DUTOUR,
par Thierry BEAUMARIÉ ; les 8,50%
analogiques de ce disque, soit le mixage
de 1987, ont été rafraîchis par Robert SUHAS
et « cédarisés » chez ADP…
 
Au menu : guitare préparée (trombone
sur corde Mi 6e, les autres cordes restant
intègres), accordeur préréglé déclenché
au pied par le saxophoniste qui, en souffle
continu, chahute un peu le son
sur la même fréquence. Gaffe,
un accident est si vite arrivé !
 
Chanson créée à la Tanière (Paris)
en mai 1986.



9. CLITOU ET PINOU  écouter un extrait

1977
 
1. Écoutez donc l’histoire
Oh, mes enfants si doux
La si aimable histoire
De Clitou et Pinou
Mais il faudra vous taire
Qui Malypense aussi
- Racontez-nous, grand-mère,
Malypense est sorti…
 
2. Dans sa maison douillette
Petite Clitoris
Voyait de sa fenêtre
Passer de grands pénis
Qui, venant pour affaires,
La tenaient en mépris ;
Quand on vient pour affaire
Au diable les petits !
 
3. Roulant des mécaniques
Ils allaient et venaient
Et dedans la boutique
Ces malappris disaient :
C’est dur, mais faut le faire,
Ça va mal par ici,
C’est fini les affaires
Fichons le camp d’ici…
 
4. Dieu, songeait Clitounette,
Qu’ont-ils à m’oublier,
Pourtant combien de fêtes
Je saurais leur donner ;
Je suis la fée, la reine,
Le « Sésame ouvre-toi »
Et les amours sont vaines
Quand on se moque de moi.
 
5. Mais dedans la ruelle
Qui borde sa maison
Quelqu’un vint et la belle
Courut à son balcon ;
Son cœur bat la chamade
Quand elle voit se glisser
Pinou tout en œillades
Tout doux la courtiser.
 
6. Moins pressé en affaires
Pinou fut très gentil
Pour Clitou sans manière
Que l’amour envahit ;
Alors mille fontaines
Jaillirent de leur nid ;
Qu’au pays de la reine
Pinou soit bien servi.
 
7. Ce bonhomme ordinaire,
Oh, ce charmant coquin,
Fit de bonnes affaires
Au fond du magasin ;
De si bonnes affaires
Qu’il revint sitôt dit,
Sitôt qu’il put le faire
Voir Clitou la jolie…
 
8. Et de fil en aiguille
Sachez-le mes petits,
Comme roche et anguille
Sont devenus amis,
Si amis qu’on murmure
Qu’ils ne se quittent plus,
Qu’ils sont heureux je jure
Comm’ l’on ne savait plus.
 
9. La morale de l’histoire
Oh, mes enfants si doux :
C’est qu’il ne faut pas croire
Que papa Freud sait tout…
 
Ainsi finit l’histoire
De Clitou et Pinou.
 
sans Claude
[devinette : Clitou et Pinou
sont dans un bateau…]
 
Guitare : Capou IVe case.



10. CA M'EST EGAL écouter un extrait

1990
 
Texte classe de CE1, d’après
« L’Enfant et les Sortilèges » de
COLETTE et RAVEL, musique BH
 
Il n’aimait pas sa maman
Et lui parlait méchamment,
Il ne faisait pas ses d’voirs
Et renversait l’encre noire…
 
Refrain
ça m’est égal, ça m’est égal,
ça m’est égal
Mais il a soigné l’oiseau blessé !
 
Il est bon l’enfant, il est sage,
Maman !
 
Il déchirait ses cahiers
Et même ses livres préférés,
Il arrachait les rideaux
Parc’ qu’il les trouvait pas beaux
 
(au refrain)
 
Il tapait sur son fauteuil,
Attrapait les écureuils,
Il tirait la queue du chat
Qui n’aimait pas beaucoup ça…
 
            (au refrain)
 
Il donnait des coups d’ couteau
Aux arbr’s et aux animaux,
Les libellul’s du jardin
Il les tuait de ses mains !
 
            (au refrain)
 
Maman !
 
Maman !
 
Maman…
 
Le texte de cette chanson a été écrit
- d’après « L’Enfant et les Sortilèges » de
Sidonie Gabrielle COLETTE pour le livret
et Maurice RAVEL pour la musique –
par les élèves de la classe de CE1 B
de l’Ecole des Provinces Françaises de Nanterre
(Hauts-de-Seine), sous la bienveillante
et compétente houlette de leur instituteur,
M. Eric LE LOUVIER qui, suite à écoutes
attentives, leur a fait pénétrer cette œuvre.
Ce travail a été accompli dans la perspective
de participer au concours « La Chanson est
dans le Pré », organisé par le Festival
de la Chanson Enfantine du Pré-St-Gervais
(Seine-St-Denis).
Ce texte m’ayant touché, je le mis en musique
(printemps 90) et créai cette chanson
avec Claude lors de ce Festival,
le 30 mars 1990. Plus tard,
j’inscrivis celle-ci à mon répertoire…
 
Guitare et chant + sax baryton et 2e voix.



11. NI VAINQUEURS, NI VAINCUS ! écouter un extrait

1978 – 1984 et 1985
 
1. C’ matin j’ m’éveille très angoissé,
Je r’garde dehors, j’ suis effrayé :
A pert’ de vue plus d’ barbelés,
Miradors, ni chiens policiers !
 
Le jour s’ pointait sans soutien-gorge,
En rougissant mais pas gêné,
Pas un viol, personne qu’on égorge
Alors j’ me suis mis à crier :
 
refrain
La vie vaut-elle d’être vécue,
Y a plus ni vainqueurs,
ni vaincus !
 
2. Que sont nos chers enn’mis dev’nus,
Où sont nos cibles familières,
J’ s’rai jamais soldat inconnu,
Si on n’ se fait pas un’ bonn’ guerre !
 
Dieu, si y a plus d’ chair à canon,
Que vont d’venir nos cimetières,
Nos p’tits gars, nos chouett’s champignons
Et notre industrie si prospère ?
 
refrain
La vie vaut-elle d’être vécue,
Y a plus ni vainqueurs,
ni vaincus !
 
3. Où sont les chefs, où sont les papes
Savants fous, leaders et gourous
Magouilleurs, farces et attrapes
Homm’s de lois, poseurs de verrous ?
 
Les p’tits malins, les femm’s d’affaires,
Les maffiosi, les bien-portants,
Banquiers, dealers, f’seurs de misère,
Surdoués d’ tous les continents ?
 
Où sont les clodos, les taulards,
Les suicidés et les branleurs,
Les naïfs, les soixante-huitards,
Les militants, les doux rêveurs,
 
Les gross’s, les nègr’s et les arabes,
Les circoncis, les emmerdeurs,
Les chômeurs, les vieux, les malades,
Les culs-d’-jatte, les souffre-douleurs ?
 
refrain
La vie vaut-elle d’être vécue,
Y a plus ni vainqueurs,
ni vaincus !
 
4. C’ matin y avait du doux dans l’air,
Y a mêm’ des gens qu’en profitaient,
Insolents comm’ des prolétaires,
Des riches ou des sous-dév’loppés !
 
Y a mêm’ des sal’s types en bagnole
Qu’ laissaient traverser les piétons !
Ça prouve qu’il s’en prépare de drôles,
Ça sent comm’ la révolution…
 
Mais que font nos gouvernements,
Nos associations, nos milices,
Faudrait mettre un frein à c’ printemps
Et j’ pose cett’ question sans malice :
 
Si les gens s’ mettent à être heureux,
Ell’ meurt, not’ civilisation,
Par bonheur, moi, j’ suis malheureux
Et pour la sauver j’ tiendrai bon !
 
dernier refrain
La vie n’ vaut plus d’être vécue,
Si y a plus d’ vainqueurs,
j’ suis vaincu !
 
 
Guitare et chant + quelques frissons
de soprano impros.
 
Créée, tout seul, au Printemps de Bourges,
au théâtre, le 31 mars 1985.



12. LES ENFANTS BATTUS écouter un extrait

1984 et 1986
 
Les enfants battus
Sont heureux quand même
Et si tout va bien
Lorsqu’ils seront grands
Ils battront eux-mêmes
Leurs propres enfants
Afin qu’ils apprennent…
 
Les enfants battus
Sont heureux, ils aiment
Casser leurs jouets
Mentir, et plus grands
Ils pos’ront des bombes
F’ront tomber des têtes
Ou s’ coup’ront les veines
Tell’ment ils vont bien !
 
(intermède musical)
 
Les femmes battues
Sont heureuses et même
Ell’s en redemandent
C’est bien naturel,
C’est de leur enfance
L’infinie séquelle,
Ça viendrait du père
Qu’a su les fouetter
 
Par amour bien sûr
Afin que plus tard
La vie qu’est si dure
Leur soir supportable
Qu’elles soient prêt’s à tout,
Malheurs et sévices,
Et qu’elles en jouissent…
 
Les femmes battues
Sont heureuses alors
Les commissariats – gentiment –
Les renvoient chez elles
Où ell’s vont trouver
Comme à l’accoutumée
Leur mari dessus
La fillette aînée
 
Rien que pour son bien
Afin que plus tard
Quand ell’ f’ra l’ tapin
Ell’ fass’ pas d’écarts
Car y en a qu’en meurent,
Mon Dieu c’est dommage
D’être aussi fragile !
 
(intermède musical)
 
Les enfants battus
Sont heureux quand même
Et si tout va bien
Lorsqu’ils seront grands
Ils battront eux-mêmes
Leurs propres enfants
Afin qu’ils apprennent
 
Qu’ les enfants battus
Sont heureux…
 
                                   Bien sûr
Quelques-uns en meurent,
Enfin pas beaucoup
Donc c’est raisonnable…
 
 
Guitare et chant + sax baryton.


 


13. LE JOUEUR DE FLUTE écouter un extrait

1958 – puis 1964/1965
 
Paroles de Jean-François GAËL
et Jacques SERIZIER
Musique de Jean-François GAËL
 
Refrain
Un joueur de flûte
Dans la vie du
Duquel il ne se passait rien
Allait de hut-
tes en cahutes
Et de routes en chemins
 
Des fois on l’appelait Dupont
Le champion du flonflon
Au piano mécanique
Des fois on l’appelait l’artiste
L’accordéoniste
Monsieur Flûte Dubois
Les filles le trouvaient beau gosse
Mais le traitaient de gosse
Ou de traîne-sa-bosse
Gros-Jean il repartait toujours
Avant le petit jour
Sans trop savoir pourquoi
 
(au refrain)
 
Des soirs il se couchait en rond
Saoulé par le ronron
D’un rêve chimérique
Les soirs où il était trop triste
Il pensait en simpliste
À se faire un chez-soi
Les soirs qu’il n’avait pas mangé
Il aimait gamberger
À des chos’s de cuisine
Les soirs où il avait joué
Il partait enjoué
Et rêvait à l’amour
 
(au refrain)
 
Un soir il fit dans le canton
Sur son vieux mirliton
Une drôl’ de musique
Il sifflait sur son piccolo
De tristes trémolos
Apparemment sans suite
Puis il traversa le hameau
Sans nous dire un seul mot
Sans répondre à nos signes
Et puis il prit sans fair’ de bruit
Vers l’oubli de la nuit
Le chemin du pendu
 
Dernier refrain
Un joueur de flûte
Dans la vie du
Duquel il ne se passa rien
Un jour s’en fut
En jouant des flûtes
Et jamais ne revint.
 
Pour ne pas oublier Jacques Serizier,
l’auteur du fameux bling-blang
du « Pauvre p’tit gosse ».
Chanteur, auteur et comédien
de grand talent , salut « La S’rize » .
 
Chant + baryton,
brut de décoffrage.



14. POÈMEZ  écouter un extrait

1989
 
Refrain
Poèmez, poèmez,
Poèmez-vous bien les uns les autres,
Poèmez, poèmez,
Sortez du trou, poèmez tout haut !
 
1. Les pipeaux aiment se donner des airs,
Les appeaux aiment s’affubler de noms d’oiseaux,
Les expos aiment s’exhiber sans vergogne
Et les chapeaux aiment se payer notre tête…
 
2. La Velpeau aime se promener en bande
Et les hippopos aiment le tam-tam,
Le tempo aime envoyer la musique
Ma non troppo aime sans exagération…
 
3. Certains pots aiment s’ remplir le ventr’ de confiture,
D’autres pots aiment renifler les gaz d’échapp’ment,
Qui paie son pot aime croir’ qu’il a des amis sincères
Qui manque de pot aime boir’ la tasse dans son bol…
 
4. Les drapeaux aiment tout prendre par-d’ssus la hampe,
Les typos aiment fair’ preuve de caractère,
Les tripots aiment donner dans l’ trip patibulaire
Et les crapauds aiment se couvrir de boutons…
 
5. La poule au pot aime parfois jouer à la cocotte,
Les oripeaux aiment s’draper dans l’interlock,
Les copeaux aiment copuler dans la sciure
Et les capots aiment emballer les moteurs !
 
6. Les dépôts aiment s’ faire palper, discrets, dans les coffres,
Les impôts aiment, bien sûr, fair’ tomber les feuilles,
Les cach’-pots aiment se j’ter au pied des plantes,
Et ta fleur de peau aime s’ouvrir sous les baisers…
 
Refrain
Poèmez, poèmez,
Poèmez-vous bien les uns les autres,
Poèmez, poèmez,
Sortez du troupeau,
Poèmez, poèmez,
Poèmez-vous bien les uns les autres,
Poèmez, poèmez,
Sortez du trou, poèmez !
Sortez du trou, poèmez !
Sortez du trou, poèmez tout haut !
 
Chant et guitare + sax ténor,
en toute simplicité.
 
Création, le 6 avril 1990,
à St-Péray (07).




15. QUAND LES CISEAUX ABOIENT écouter un extrait

texte décembre 1986 – musique septembre-octobre 1988
 
Ode à XYLOS, pour 2 voix
a cappella et scie égoïne…
 
Scies, presses et rabots,
Précis outils et mains complices
Que Dieu bénisse les ébénistes.
 
Quand les ciseaux aboient
S’en va la pierre au bois,
Coulent le marbre et le granit
En lacs de laques éloquentes ;
Frétillantes élucubrations
De poissons parallèles
Au corail éclatés,
Flèches-flashs
 
Végétales outrances
Et sommeils suspendus
Végétales outrances
Et sommeils suspendus ;
 
Quand les ciseaux aboient
S’en va la pierre au bois…
 
Hauts plateaux,
Vastes terres,
Esplanades marines,
Pleines plaines avides
Où se croisent et frémissent
Des soleils intérieurs ;
 
Quand les ciseaux aboient
S’en va la pierre au bois,
Coulent le marbre et le granit
En lacs de laques éloqu’
 
Assassinés,
Assassinés,
Meurtris,
Meurtris,
À d’imprévus vertiges,
Brusques
Abruptes ruptures,
Ruptures, ruptures, ruptures, ruptures…
Effondrements subits,
Incrédules éclats d’œil
Où bascule et défaille
Un néant contenu ;
 
Afin que tout renaisse,
Que fonds et formes vivent,
Que des chants apparaissent,
Qu’évoluent des volumes
Voulus et volubiles,
Se soulèvent des masses,
Se profilent des faces
Et s’esquissent,
Uniques et multiples :
Sculptures
Épure
Structures
Strictes architectures,
Blessées aux angles,
Ourlées de lourds rideaux de plis,
Veines à nu nouées,
Du doux doigt polies,
Contre vents et plaqués…
 
Et que tremble le tremble
Et que chaloupe la loupe
D’orme ou de peuplier,
Pomme coupée,
Fruit d’Ève fendu,
Cri d’une épaule déchirée,
Imaginaire,
Paumes offertes
À marée basse,
Et que tremble le tremble
Et que chaloupe la loupe
D’orme ou de peuplier…
 
Alors encore,
À cache-cache,
À cloche-pied,
À trompe-l’œil
XYLOS s’excuse,
Exquise ruse
Se met en quatre,
Se joue de nous,
Fait table rase,
Lève le siège,
Sauve les meubles !
 
Quand les ciseaux aboient
S’en va la pierre au bois,
Et l’ébéniste rit !
 
XYLOS est un groupe de créateurs
de mobilier contemporain
que j’affectionne particulièrement,
tant les personnes que leurs œuvres*.
Ils me proposèrent d’écrire « quelque chose »
sur leurs créations, afin de l’intégrer
à la plaquette-catalogue qu’ils étaient en train
de réaliser. Je m’exécutai.
Dans le cadre de portes ouvertes
du « Génie de la Bastille », ils me proposèrent
de présenter notre spectacle en leur atelier ;
de bonne grâce, nous acceptâmes.
J’eus l’idée, histoire de ménager une surprise,
de mettre en musique, pour 2 voix a cappella
et scies égoïnes, ce fameux texte…
Voilà le résultat !
SVP, ne marchez pas dans la sciure.
(Création le 31 octobre 1988.)
 
* D’ailleurs, sur scène, je suis assis
sur une magnifique chaise de leur cru
(voir esquisse de la main de
Rémi COLMET-DAÂGE), le projet
étant de Philippe DELAFLOTTE.


LE TROTRO
16. Introtrotro

Fin d’un joli trotro
Mis K.O. d’un cahot…
 
… Fin d’un joli trotro
Mis K.O. d’un cahot,
O.K. ?


17. Le Trotro écouter un extrait

Un trottinant trotro
Des torrides tropiques,
Pimpant, impertinent,
Intrépide et trapu,
Trimballait, trépidant,
Trop souvent, trop de gens,
Trop de rares denrées
Et de ballants paquets.
 
L’entreprenant trotro !
 
L’entreprenant trotro,
Trop-trop entreprenant
En de coquets hoquets,
Tout crachant, éreinté,
Cahin-caha, calant,
Tristement trébucha,
Oh le trotro trahi,
Dans un très traître trou…
 
Dans un très traître trou
Qui, net, le mit K.O.
Et le disloqua tout,
Et le détraqua tant
Traumatisé trotro,
Traumatisé trotro
Trop-trop traumatisé !
Qu’il croula sous cola,
S’écroula sous coco,
Sous canne et cacao
Et sous les cancrelats…
 
Ainsi ton trépas vint,
 
Ainsi ton trépas vint
Entravant à jamais,
D’Accra à Tamale,
Ton train-train de trotro
Travailleur trop vaillant,
 
Travailleur trop vaillant.
 
Autant aller ailleurs…
 
L’auteur en est Haillant !

Texte dit sur contrechant de sax ténor,
avec utilisation, par mézigue (BH),
de trompes (klaxons)
à poire aux mains.


18. Trotro suite I écouter un extrait

Instrumental

Même distribution


19. Trotro suite II écouter un extrait
Instrumental

 
Ajout de l’arbre à trompes,
alimenté et commandé par gonfleurs
à matelas actionnés avec les pieds
(3 gonfleurs chacun…),
voir croquis de Thierry LAMOUCHE.


20. LES GOSSES DU GHĀNA  écouter un extrait

1986 et 1988
 
Wouitou tout tou…
 
Les gosses du Ghana
Mächent de la canne à
Sucre, à gogo font
 
Maïs et plantain
Cuir’ sur le charbon,
C’est aussi très bon ;
 
Fi du banania
Y a miam-miam l’igname
Qu’abonde au Ghana
 
Mais s’ils meurent pas d’faim
Les p’tits Ghanéens
Ne sont pas bien gras.
 
Les p’tits gars d’ici
M’appellent « Ob’oni »
- Ob’oni : le Blanc -
 
Vu qu’il y a peu d’blancs
Qui s’baladent ici
Ils me trouvent marrant,
 
« How are you masta ? »
Les gosses du Ghana
Me montrent du doigt,
 
Ça me rend tout chose
Mais, rougissant, j’ose
Leur crier « ça va ! »
 
(refrain : la la la la…)
 
Les p’tits Ghané 1
Tout l’ monde a b’soin 2
Ils sont très adroits (3…)
 
Faut qui s’ mettent en 4
Et soumettent leurs 5
Sens à l’exer 6
 
Mais aussi vrai qu’ 7
Peine n’est pas grat’ 8
Parions qu’il n’y a
 
Au creux de leurs mains
Pas plus de sou 9
Que d’poil qui grand 10
 
Garçons et fillettes
Portent sur la tête
Tout un bric-à-brac
 
Qui pèse des tonnes
Sur leur p’tite colonne
Qui se tient très droite
 
Quel que soit leur âge
Ont des étalages
Incongrus mouvants
 
En bel équilibre
Qui rend les mains libres
Et le pas dansant
 
(refrain : la la la la…)
 
Les garçons – champions ! –
Font de beaux camions
En boît’s de coca,
 
S’ingénient, bricolent,
Bousillent, rafistolent
Et rient aux éclats ;
 
Puis ils font, très fiers,
Les 4 fers en l’air,
La roue, le manguier,
 
Et la plante rose
De leurs pieds nus pose
Au ciel un bouquet.
 
Rien qu’avec du toc,
Deux ou trois breloques
Et leurs yeux malins
 
Dans leurs nipp’s en loques
Les filles font des crocs-
En-jambe aux gamins ;
 
Jouent à la poupée
Avec les si vrais
Bébés de maman,
 
Au marché achètent
Et marchent machette
Au poing, simplement !
 
(refrain : la la la la la…)
 
Chœurs : Wouitou tou tou…
 
Ocre est la poussière
Comme ocre est la terre,
Ocre aussi la boue,
 
D’ocres termitières
Aux routes d’ornières
Se tiennent debout ;
 
Vertes les rizières,
Les forêts et verts
Les jardins anglais,
 
Rouges les oiseaux
Qui, pas loin de l’eau,
Griffonnent les haies ;
 
Une femme allaite,
Un Éthiopien quête,
Un chien triste aboie,
 
Quelques militaires
En tenue de guerre
Nous barrent la voie,
 
Le soleil décline,
Le chant du muezzin
S’incline et se tait
 
Et dans l’ambassade
On boit des rasades
De champagne frais…
 
(refrain : la la la la la…)
 
Les gosses du Ghana
M’appellent « Ob’oni »,
L’Ob’oni, c’est moi !
 
 
Guitare + chant BH
sax baryton et 2e voix, Claude.
Et les pieds ? Ils frappent le sol,
la terre tressaille…
Le plat de la main sur le bois
de la guitare, oui !
Mais saurez-vous reconnaître
le son des clés du baryton ?
 
Création à « La SAMARITAINE »,
Bruxelles, le 23 février 1988


 


21. M'ATTEND UNE FILLE AU PAYS écouter un extrait

1975
 
Paroles et musique de Maxime LE FORESTIER
© 1976 by « Éditions COÏNCIDENCES »
7, rue Chambiges 75008 PARIS.
 
Refrain
 
M’attend une fille au pays
Quand j’ai le cœur qui gèle
M’attend une fille au pays
Je ne sais pas laquelle…
 
1. J’irai dans la maison du vieux,
J’irai dans la maison du vieux,
Si le bouleau pleure sa sève
C’est que l’été sera pluvieux,
Si le bouleau pleure sa sève
Ce sera la fille aux yeux bleus.
 
2. Je passerai par le coteau,
Je passerai par le coteau,
Si les grues vol’nt plus haut que l’arbre
C’est que l’automne sera beau,
Si les grues vol’nt plus haut que l’arbre
Ce sera celle du château.
 
3. J’irai dans la maison du père,
J’irai dans la maison du père,
Si champignons viennent en foule
Il neigera dur en hiver,
Si champignons viennent en foule
Ce sera la fille aux yeux verts.
 
4. Quand j’approcherai de chez moi,
Quand j’approcherai de chez moi,
Si viennent gras canards sauvages
Le printemps sera long et froid,
Si viennent gras canards sauvages
Ce sera la fille du bois.
 
 
Cette chanson de Maxime LE FORESTIER
est la seule qui ne soit pas inédite,
puisque je l’ai (BH) créée sur 45t AZ en 1975
(comportant 2 chansons de Maxime
et une d’Yvan DAUTIN et Alain LEDOUARIN ;
3 chansons spécialement composées
pour le spectacle « POTEMKINE »
de Robert HOSSEIN
au Palais des Sports.
 
BH, chant – Claude, mélodica.



22. IGNORANCE (Un homme se tait ...)  écouter un extrait

de l’automne 1989 à l’automne 1992
 
Un homme se tait
D’une voix tranquille
Qu’une femme écoute
Endormie je crois
L’archet d’un soupir
Joue sur le silence
Et l’enfant tressaille
Tout au fond de moi
 
J’aime contempler
D’invisibl’s images
Et courir longtemps
Loin dans mon fauteuil
Le bonheur sent bon
Tout nu dans ses langes
Un ami est mort
Mais va déjà mieux
 
Il fait beau toujours
Et la pluie trépigne
Les chants des oiseaux
Sont en fenaison
L’étang est couvert
De crapauds en fleurs
Et l’eau coule à flots
Dans l’oued à sec
 
Dans les caniveaux
Croisent des régates
Les badauds accourent
Voir le temps passer
Les grues des chantiers
Reviennent d’Afrique
Un très vieux verger
Garde ses boutons
 
Le vent a tourné
Sans en avoir l’air
Les croissants de lune
Sont encor tout chauds
Les vagues se font
Sécher sur la plage
Et les autoroutes
Chant’nt à quatre voix
 
Un pont sans élan
A franchi la Seine
Un mur fait la cour
À notre maison
Les volets fermés
Soufflent leur lumière
Un lit se repose
En suçant son pouce
 
Des muets bavardent
Les mains dans les poches
Un dossier brûlant
Quitte sa chemise
Et vont les grand-mères
Quand les jours fraîchissent
Vêtues de joyeux
Manteaux de fous rires
 
Quelques jeunes filles
Grimpent en danseuse
Sur des bicyclettes
La côte d’Adam
Des œufs, jaune et blanc,
Peuvent par douzaines
Monter à la neige
Sans être battus
 
C’est dans les prisons
Journée port’s ouvertes
Et jour de repos
Pour les vacanciers
Jour de fermeture
Pour les ouvre-boîtes
Et jour de marché
Pour les impotents
 
Ma foi les malades
Se port’nt à merveille
Les pleureus’s reniflent
De fort bonne humeur
Les crayons se taillent
Des mines superbes
Et les immigrés
Ont pris des couleurs
 
La guerre a perdu
C’est de bonne guerre
On boit les canons
Et l’on fait bombance
Les petits soldats
Ont du plomb dans l’aile
Et leur général
En particulier
 
Des milliers de gens
Dans les rues désertes
Se bouscul’nt et dansent
Immobil’s et gais
Quelqu’un vient ici
Qui jamais n’arrive
Une horloge sonne
Bon ! je vais ouvrir
 
La femme se tait
D’une voix tranquille
Et l’homme l’écoute
Endormi je crois
Le bonheur est mûr
C’est jour de cueillette
Si je sais tout ça
C’est par ignorance…
 
 
chant + baryton-ton-ton et faim…